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L’Adab des Imam de l’Ijtihad

calligraphie maghrébineL’Adab des Imam de l’Ijtihad

Les points de désaccord dans le domaine de l’ijtihad étaient nombreux parmi les grands imâm, tout comme cela fut le cas avant eux parmi les compagnons puis les Tabi’ines.

Mais ces hommes conservaient, tous, toute leur modération, car leur désaccord n’était pas suscité par l’égoïsme ou par le désir de provoquer la scission.

Ainsi les érudits ont toujours accepté les fatwas pour ce qui était de l’Ijtihad tant que les auteurs en étaient qualifiés. Ils donnaient raison à ceux qui étaient dans le vrai et pardonnaient à ceux qui s’étaient trompés sans aucun préjugé.

Ils précédaient souvent les fatwas de leur choix des formules suivantes :

– Celle-ci est plus prudente.
– Celle-ci est meilleure.
– C’est ce qu’il faut faire.
– Ceci est à éviter.
– Nous n’aimons pas ceci.

Toutefois, tout cela n’empêcha nullement les uns de prier derrière les autres.

L’imam Abu Hanifa et ses compagnons et l’imam ash-Shafi’i et d’autre encore priaient des Imâms Malekites ou d’autres de Médine bien qu’ils ne prononçaient pas la Basmalla ni à voix haute ni à voix basse.

Rachid mena la prière alors qu’on lui avait posé des ventouses et l’imam Abou Youssouf pria derrière lui et ne refit pas sa prière, bien qu’il considère que les ventouses annulaient les ablutions.

L’imam Ahmad considérait qu’il fallait refaire les ablutions après saignement du nez ou pose de ventouse.
On lui demanda :

« – Si un imam a perdu du sang et qu’il n’a pas refait ses ablutions, la prière est-elle valable derrière lui ? »

Il répondit : « Comment ne pas prier derrière l’imam Mâlik et Sa‘ïd ibn al-Mussayyeb »

L’imam Chafi’i qui faisait la prière de l’aube près du cimetière où est enterré Abou Hanifa ne fit pas le Qounout, alors qu’il considérait cela comme une Sounna Mua-akada (très importante) On l’interrogea donc là dessus et il répondit : « Vais-je le contredire en sa présence ? »

L’imam Mâlik était le plus précis des savants sur le Hadith de Médine. Il était aussi le plus expert concernant les pratiques de ‘Umar et les Hadiths d’ibn ‘Umar, de ‘Aïcha et les sept Fuqahas, les plus éminents parmi les Compagnons du Prophète Salla Allâh ‘alayhi wa Salam.

Al-Muwatta est considéré comme le fruit de quarante années d’efforts de la vie de l’imam Malik. Ce fut le premier ouvrage sur le hadith et le Fiqh à paraitre dans l’histoire de l’islam. Son contenu fut approuvé par 70 savants du Hijaz parmi les contemporains.

Malgré cela lorsque le calife al-Mansour voulut en faire plusieurs copies pour les distribuer dans différentes contrées nouvellement gagnées à l’islam, pour faire adopter le Fiqh tel qu’il était afin de couper court toutes les controverses, l’imam Mâlik fut le premier à le refuser en disant :

« Leurs habitants possèdent déjà un fond de savoir basé sur certains commentaires et certains hadith, des versions précises de certains événements. »

Chaque groupe agit selon l’enseignement qu’il a reçu en premier et c’est pourquoi les gens diffèrent dans leurs pratiques.

Extrait du livre « Islam : Conflits d’opinion pour une éthique du désaccord » du Dr. Taha Jabir al-‘Alwani

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