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Ibn Khaldoun : L’expansion de l’école Malekite #2

ibnkhaldunIbn Khaldun : l’expansion de l’école Malekite

Ibn Khaldhun sur l’école Malekite :

L’école de Malik est suivi spécialement par les habitants de la Mauritanie et de l’Espagne; il y en a bien peu qui se soient attachés à l’une des autres école, bien qu’il se trouve des adeptes de Malik dans d’autres pays. (L’école malékite règne dans ces deux contrées) parce que les étudiants maghrébins et espagnols, qui voyageaient pour s’instruire, se rendaient ordinairement dans le Hidjaz, sans aller plus loin. A cette époque, la science (du droit -le Fiqh-) avait pour siège la ville de Médine (capitale du Hidjaz), et de là elle s’était propagée dans l’Iraq, province qui ne se trouvait pas sur le chemin de ces voyageurs.

Ils se bornèrent donc à étudier sous les docteurs et professeurs de Médine, ville où Malik était alors l’imam de la science, où ses maîtres avaient tenu ce haut rang avant lui et où ses disciples devaient le remplacer après sa mort. Aussi les Mauritaniens et les Espagnols se rallièrent-ils à l’école de -l’Imam- Malik à l’exclusion des autres, dont ils n’avaient jamais eu connaissance.

Habitués, d’ailleurs, à la rudesse de la vie nomade, ils ne pensèrent nullement à s’approprier la civilisation plus avancée que la vie sédentaire avait développée chez les habitants de l’Iraq. Ils eurent bien moins de penchant pour ceux-ci que pour les habitants du Hidjaz, avec lesquels ils avaient plus de ressemblance sous le point de vue de la civilisation, qui était celle de la vie nomade. C’est pour cette raison que la jurisprudence Malékite est toujours restée florissante chez eux et n’a jamais subi les corrections et modifications que l’influence de la civilisation sédentaire a fait éprouver aux autres systèmes.

Ibn_Khaldun muqadimmamanuscrit de la Muqadimma d’Ibn Khaldoun

Comme l’école de chaque imam forma, pour ceux qui la suivaient, l’objet d’une science spéciale et qu’il ne leur fut plus permis de résoudre des questions nouvelles par l’emploi consciencieux de leur propre jugement (ijtihad) ou par le raisonnement, ils se virent obligés à chercher, dans chaque cas douteux, des points de similitude ou de différence qui leur permissent de le rattacher (à une question déjà résolue) ou de l’en distinguer tout à fait. Dans ce travail on devait commencer par s’appuyer sur les principes que le fondateur du système avait établis, et, pour l’effectuer, il fallait avoir acquis d’une manière solide, la faculté de bien opérer cette espèce d’assimilation et de distinction, en suivant, autant que possible, les doctrines de son imam.

Jusqu’à nos jours, on désigne cette faculté par le terme science de jurisprudence. Toute la population de l’Occident suivit l’école de Malik, et les disciples de cet imam se répandirent dans l’Égypte et dans l’Iraq. Ce dernier pays posséda le Qadi Malékite Isma’ïl, ses contemporains Ibn Khuwaz Mindad, Ibn al-Montab, le Qadi Abu Bakr al-Abhari, le Qadi Abu al-Hassan, Ibn el-Qassar et le Qadi ‘Abd el-Wahab, à qui succédèrent encore d’autres docteurs de la même école.

L’Égypte posséda Ibn al-Qacim, Ach-hab, Ibn Abd el-Hakam, El-Harith Ibn Miskîn et autres docteurs. Un étudiant, parti d’Espagne et nommé Yahya Ibn Yahya el-Laythi, fit la rencontre de Malik (à Médine), apprit par cœur le Muwatta, sous la dictée de cet imam et devint un de ses disciples. Après lui partit du même pays] Abd el-Melik Ibn Habîb. Celui-ci, ayant étudié sous Ibn el-Qacim et d’autres docteurs de la même classe, répandit le système de Malik en Espagne et y rédigea l’ouvrage intitulé El-Wadiha (l’exposition claire). Plus tard, un de ses disciples nommé el-‘Utbi rédigea le traité intitulé, après lui, ‘Utbiya. Assad Ibn el-Furat, quitta l’Ifrîqiya pour aller écrire sous la dictée des disciples d’Abou Hanîfa ; mais, étant ensuite passé à l’école malékite, il écrivit, sous la dictée d’Ibn el-Qacim, une quantité de sentences appartenant à toutes les sections de la jurisprudence. Il rapporta à Cairouan ce livre, nommé, après lui, Assadiya, et l’enseigna à Sahnun. Celui-ci, étant ensuite passé en Orient, fit de nouvelles études sous Ibn el-Qacim, lui soumit les questions traitées dans cet ouvrage, et rejeta un grand nombre des décisions qu’Assad y avait insérées.

Il avait écrit sous la dictée d’Assad et fait un recueil de toutes ses décisions, sans omettre celles qu’il devait répudier dans la suite. Il se joignit alors à Ibn el-Qacim pour inviter Assad par écrit à supprimer dans l’Assadiya les décisions contestées et à s’en tenir à un ouvrage qu’il (Sahnun) venait de composer ; mais cette démarche n’eut aucun succès. Alors le public rejeta l’Assadiya pour adopter le digeste de Sahnun, bien qu’une grande confusion régnât dans la classification des matières contenues dans ce livre. On donna alors à l’ouvrage de Sahnun le titre de El-Mudawana wa al-Mokhtalata (le digeste et le mélange).

à suivre…

Ecole Malekite