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Chapitre sur le Jeûne (as-Siyyâm) – al-‘Ashmawiyyah

Chapitre sur le Jeûne (as-Siyyâm)

Bâb : as-Siyyâm

ramadan landscape

Le jeûne du Ramadan est un devoir (Farida), s’établissant à la fin du mois complet de Sha‘bane, ou bien après la vue du croissant de lune (al-Hilal) par deux personnes justes –c-à-d reconnu pour leur droiture- (al-‘Adlayne), ou bien par un ensemble conséquent de personnes (jamâ‘a mustafida), il en est de même pour -al-‘Ïd- al-Fitr.

On nourrit l’intention (youbayyitu) de faire le jeûne à son début –la veille du 1er jour de Ramadan-, et on n’aura pas besoin de réitérer l’intention tout au long -du mois de Ramadan-, et le jeûne s’interrompt -à la tombée de- la nuit (yattum us-Siyâma ila al-Layli).

Il est de l’ordre du recommandé (as-Sunna) de s’empresser de déjeuner (Ta’jil al-Fitri) et de retarder le Suhur (le dernier repas avant le début du jeûne).

Lorsque le mois -du Ramadan- s’est présenté -par l’apparition de la lune- avant le Fajr, alors le jeûne est obligatoire, tandis que si le mois -du Ramadan- ne s’est présenté qu’après le Fajr, la retenu (al-Imsak) -de ce qui rompt le jeûne- est alors obligatoire, et il sera nécessaire de rattraper (Qâda-ï Dhalika l-Yawm) ce jour.

L’intention :

L’intention -du jeûne- avant confirmation de l’apparition du mois -de Ramadan- est invalide (batila), même s’il a nourri l’intention avant la vision (ar-Rue-yya) -du mois-, et en conséquence s’est levé sans manger, ni boire, et que par la suite il lui est apparu (tabayyana lahu) que ce jour fait bien partie -du mois- de Ramadan, il n’en sera pas rétribué (lam yujzihi), cependant il devra quand même se retenir (yumssiku) de manger et boire en raison de la sacralité du mois -de Ramadan (Li Hurmati sh-Shahri)-, et il devra rattraper (Yaqdihi) ce jour.

On ne jeûne pas le jour du doute (yawm ush-Shakk), afin qu’on ne le confonde pas avec un jour de Ramadan.
Il est cependant autorisé de jeûner ce jour -de doute- s’il coïncide avec un jeûne habituel surérogatoire (li-Tatawu’) ou bien résultant d’un jeûne dû à promesse votive (Nadhri).

Il est préférable de se retenir -de jeûner- dans les débuts afin que les gens confirment véritablement la vue -de l’apparition du mois de Ramadan-. Si le jour se lève et que le croissant n’apparait pas les gens peuvent alors se nourrir.

Les cas qui ne nécessitent pas de rompre le jeûne :

  • Celui qui a vomi -involontairement- n’a pas à rompre son jeûne, à part s’il a ingurgité une partie de ce qu’il a vomi alors il devra rattraper ce jour (fa ‘alayh al-Qadâ-u).
  • Celui qui a éjaculé suite à un rêve charnel (man Ihtalama) n’a pas à rompre son jeûne.
  • Également pour celui qui a fait la Hijama, cependant la Hijama est déconseillée pour le malade par crainte que son état -de santé- ne s’affaiblisse.

Les conditions de validité du jeûne sont :

  • L’intention, et ce qu’il s’agisse d’un jeûne obligatoire (Fardane) ou surérogatoire (Naflane). Une intention suffit pour tout le jeûne qui se succède comme le jeûne du -mois de- Ramadan, ou

le jeûne expiatoire (as-Siyâm Kaffara) de :

la formule interdite du divorce (adh-Dhihâr)

du meurtre (al-Qatl),

ou bien résultant d’un souhait -de jeûner- (an-Nadhr) qu’une personne légalement responsable s’est faite à elle-même.

  • Quant au jeûne continuel (as-Sawm al-Masroud) et pour celui d’un jour particulier (yawm al-mu’ayyan), il est nécessaire de renouveler l’intention chaque nuit -pour le lendemain-.

Parmi les conditions de validité du jeûne :

  • Le fait d’être purifiée des pertes de sang des règles (al-Hayd) et des lochies (an-Nifâss). Si la perte de sang des règles et des lochies s’interrompt avant le Fajr même si c’est d’une seconde (wa law bi lahdha), il lui devient alors obligatoire d’accomplir ce jour de jeûne, même si elle n’a pu accomplir les ablutions majeures (al-Ghusl) qu’après le Fajr.
  • Dans le cas où la personne a interrompu la continuité de son jeûne journalier (idha Inqata’a Tatabu’) car il était malade, ou a eu ses règles, ou bien ses lochies, et autres cas du même genre -tel qu’un voyage- il devra renouveler en conséquence son intention (Yu’adu n-niyya).

Parmi les conditions de validité du jeûne également :

  • La raison (al-‘Aql) : celui qui est dépourvu de raison comme le fou (al-Majnoun), et celui qui s’est évanoui (al-Maghma), leur jeûne n’est pas valide à cause de leur l’état.
    Il incombe au fou qui a retrouvé la raison, même si cela a lieu après de longues années, qu’il rattrape ce qu’il a manqué comme jeûne dans son état de démence, de même pour celui qui est tombé évanouit lorsqu’il se réveille.

Parmi les conditions de validité du jeûne également :

Le fait de ne pas s’adonner aux rapports conjugaux (al-Jima’), de se priver de nourriture et de la boisson, si quelqu’un s’adonne à une de ces choses là volontairement en plein jour de Ramadan, sans aucune excuse acceptable possible (min ghayri Tae-wil qarib), ou sans ignorer ce fait, alors il se doit de rattraper ce jour et de l’expier (fa ‘alayh al-Qada-u wa al-Kaffâra).

  • L’expiation :

Pour cela, il se doit de nourrir 60 nécessiteux (miskîne) avec un Mudd pour chaque nécessiteux, en se basant sur le Mudd de l’Envoyé Salla Allâh ‘alayhi wa Sallam et cela est préférable (wa huwa Afdal). Il lui est possible d’expier en affranchissant un captif croyant (bi ‘itqi raqaba) ou bien de jeûner deux mois consécutifs (aw bi Siyyam ush-Shahrayne Mutatabi‘ayne).

  • Ce qui parvient à la gorge par une autre voie que la bouche, comme les voies nasales, ou auditives, ou autre -comme l’œil-, tel que la fumée d’encens (bakhur), il lui incombe seulement de rattraper ce jour (al-Qâda-u Faqat).

Ce qui est semblable au sécrétions nasale visqueuses (al-balgham), le lavage de la bouche (al-Madmama), et l’usage du Siwak, et tout ce qui arrive à l’estomac, de même les injections liquides (al-Huqna al-Ma-i’a), et celui qui a mangé par doute de l’apparition du Fajr, pour tous ces cas-là il est seulement demandé de rattraper -le jour du jeûne- (al-Qada).

De même, il n’est pas tenu de rattraper les jours dans le cas où :

il aurait avalé :

• Des moustiques (Dhubâb)
• De la poussière venant de la rue (Ghubar ut-Tarîq)
• De la farine (Daqiq)
• Du gypse de construction (Kayli gybssi)
Une injection par l’urètre, ni lorsqu’on enduit la peau sèche de matière huileuse.

Il est autorisé pour le jeûneur :

• L’usage du Siwak tout au long de la journée
• De s’humecter d’eau la bouche en cas de soif (al-Madmada lil ‘atsh)
• De se réveiller en état d’impureté majeure (al-Isbah bi l-Janabati)
• Pour la femme enceinte qui craint pour sa grossesse de se nourrir, en conséquence elle n’a pas a nourrir -un nécessiteux pour ce jour- d’autres ont dit qu’elle doit les nourrir.
• Celle qui allaite qui craint pour son enfant, à condition qu’elle n’ait pas trouvé qui pourra l’embaucher pour qu’elle l’allaite en son nom, ou bien que le bébé refuse tout autres qu’elle.
• De même la personne très âgées (Shaykh al-Harim) peut rompre son jeûne et devra nourrir en conséquence un nécessiteux.

C’est également le cas pour la personne qui a négligé de rattraper ses jeûnes manqué du précédent Ramadan jusqu’à ce que le Ramadan suivant soit entré.

L’alimentation (al-It’am) dans tous ces cas est d’un Mudd par personne pour chaque jour manquée.

Il est recommandé pour le jeûneur de s’abstenir de préserver sa langue, et de se hâter de rattraper chaque jour de jeûne manqué.

Il est recommandé de jeûner le jour de ‘ Arafah (9ème jour de Dhu l-Hijja) pour les personnes qui ne sont pas au pèlerinage , et de jeûner le 10ème jour de Dhu ‘l- Hijjah, ainsi que les mois de Muharram, Rajab , Cha’bane et trois jours de chaque mois.

  • Les actes déconseillés :

L’imam Malik réprouvait (Karaha Malik) ces trois jours se limiter aux trois jours blanc spécifiquement, de même qu’il n’aimait pas jeûner les six jours de Shawal parce qu’il craignait que les ignorants ne les confondent avec le Ramadan.

Il a également réprouvé de gouter le sel (Dhuwq al-Milh) pour le jeûneur, et s’il fait ça en recrachant avant qu’il atteigne sa gorge, alors il n’y a rien (à rattraper).

Les préliminaires (al-Muqadimâte ul-Jima’) sont détestés pour le jeûneur, tel que les baisers, les caresses, le regard lubrique (an-nadhar al-mustadâm), et les cajoleries (al-Mula’aba) si l’on sait pertinemment qu’il s’assurera (de ce qui rompra le jeûne), cependant dans le cas ou il lui arrive sans le vouloir il devra rattraper ce jour. Si par contre il a voulu cela il devra rattraper et expier.

La veillée nocturne en prière (al-Qiyam) est fortement souhaitée (Mustahabu Murghâb), le Prophète d’Allah, la prière et la paix d’Allah soient sur lui, a dit :

“Celui qui jeûne le mois de Ramadan fidèlement tout en espérant sa récompense, sera absout de ses péchés.“

Accomplir ces actes en étant isolé (al-Infirad bihi) -chez soi- est souhaitable (yustahab) si cela ne cause pas de désagrément aux mosquées.*

*(l’Imam ash-Sharnubi précise que faire les actions en groupe à la mosquée est préférable si les actes ne sont pas entaché d’ostentation)

Et Allâh est plus savant. Wa llâhu a’lam.

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